b_250_0_16777215_00_images_2018_ab_biocertif.pngAujourd'hui, M. Raymond Rijo, membre du CA du GRAB, répond  aux questions de Grab Martinique .com. Ce sont des questions qui préoccupent les lecteurs du site (et les  amis de la BIO)


*Question: Bonjour Raymond ; les consommateurs, qui sont conscients du problème de la pollution des sols , se demandent quelles différences il y a entre un agriculteur conventionnel, un agriculteur BIO, et un agriculteur certifié AB.

 

 

*Réponse Tout d’abord, pour simplifier la question, on va se placer dans le cadre de planteurs déclarés et enregistrés.(voir Chambre d’agriculture de la Martinique, et l’ AMEXA de la CGSS) Nous aborderons le cas des éleveurs, producteurs de produits dérivés, et des distributeurs dans une autre interview.
Avant de planter, tout cultivateur , BIO ou conventionnel, doit faire effectuer une analyse des sols qu’il doit travailler, et recevoir un certificat diagnostic,   qui fait notamment le point sur  la teneur en chlordécone de sa parcelle, et lui donne des conseils sur ce qu’il peut planter. Il doit être en mesure de présenter ce certificat à ses clients, grossistes ou particuliers.

Une première différence va se faire au niveau de la préparation des sols.

L'agriculture conventionnelle, s'appuie sur :

- un labour fréquent et profond du sol,
-  l'utilisation de semences hybrides artificiellement modifiées pour être adaptées aux circuits commerciaux de la grande distribution ; au détriment de la diversité biologique des variétés paysannes existantes et adaptées a leur terroir.
- l'utilisation d'engrais minéraux industriels qui perturbent le cycle de fertilité naturel du sol,
- l'utilisation d'herbicides, fongicides, insecticides et autres produits phytosanitaires de synthèse qui déciment les insectes auxiliaires et pollinisateurs utiles pour la bonne production des cultures. L'utilisation de ces produits perturbe l'équilibre  qui existe entre les populations d'insectes présents naturellement dans la nature et sur les surfaces cultivées.  La perturbation des rapports qui existent entre les différents insectes  (prédations, interdépendances,  parasitages, etc. ...) peut favoriser une espèce qui deviendra ravageuse,  et qui proliférera au détriment des cultures.
Les produits phytosanitaires perturbent et détruisent également la microfaune du sol, la vie du sol qui est indispensable au renouvellement naturel permanent de la fertilité du sol.

L'agriculture biologique, à l'inverse, va s'appuyer sur l'observation et le respect des phénomènes écologiques qui permettent d'avoir un sol vivant et fertile. Un sol qui nourrit des plantes adaptées à leur environnement pédoclimatique, des plantes productives résistantes aux organismes nuisibles et offrant des produits riches en saveurs et en éléments nutritifs.

Toutes les techniques développées en Bio découlent donc d'une imitation des processus écologiques, orientés et amplifiés au bénéfice des cultures:
- un travail limité et superficiel du sol pour ne pas perturber la vie microbiologique du sol, avec du matériel adapté.
-  couverture permanente du sol,
- l'utilisation de semences bio (naturelles et non traitées), adaptées à l'environnement,
- l'utilisation de préparations naturelles (purins, etc. ...) pour protéger les cultures, si nécessaire et en dernier recours. Dans un premier temps on va chercher à corriger le système de production pour éviter la pullulation d'insectes ravageurs ou de maladies fongiques.
- associer les cultures qui vont se "protéger entre elles", n'entreront pas en compétitions, et vont même favoriser l'absorption d'éléments par chacune d'elles.
- pratiquer une rotation des cultures pour ne pas épuiser les sols, et les régénérer avec des cultures intercalaires capables d'améliorer les qualités physiques, chimiques et biologiques du sol. 
(voir video le Jardin Créole)

 


L’agriculteur BIO, si il veut un label officiel AB, doit se soumettre à certaines règles. Car, sur le plan administratif, l'agriculture bio est règlementée par une législation et un cahier des charges ; les surfaces et produits sont contrôlés par au moins un audit annuel qui atteste du respect des principes et des obligations de l'agriculture biologique, et qui donne lieu a un certificat qui doit être tenu a la disposition de toutes personnes le réclamant (client, administration, etc...).  Avant d’obtenir son label AB, l’agriculteur BIO doit se mettre en relation avec un organisme certificateur, et suivre une procédure.


Q__ Quelles sont ces organismes?

R__ Ce sont des organismes indépendants et agréés par l’Agence Bio, et par l'Institut National de l'Origine et de la qualité (INAO) . Les organismes de certification présents en Martinique sont ECOCERT et CERTIPAC. Vous pouvez consulter la liste des producteurs AB de la Martinique ici.

Q__ Quelles sont les démarches à suivre pour devenir agriculteur certifié AB ?

R__ Avant tout, le producteur Bio est un individu engagé comme nous l’expliquons dans notre article   Agriculture Biologique: définition et principes

Il doit soumettre les parcelles  qu’il doit cultiver à un organisme de certification qui procédera à l’analyse des sols et vérifiera l’absence de certaines molécules issues de pesticides en usage dans le monde agricole (chlordécone, glyphosates, etc...). L’organisme vérifiera aussi la présence d’un écosystème favorable (vers, micro-organismes, etc. ..) Lire aussi Se convertir à l'agriculture BIO en Martinique.

Si ce premier examen n’est pas positif, le producteur devra observer une période de transition  de deux ans en général, mettre ses parcelles en friche, et respecter les mesures préconisées pour régénérer l’écosystème. Pour les parcelles déjà en friche depuis plusieurs années, le processus sera plus rapide. La présence de chlordécone n’est pas compatible.

Le producteur doit respecter des procédures strictes concernant l’ensemencement, l’amendement des sols, le stockage des denrées. Les pesticides, les OGM et les herbicides d’origine chimique sont interdits.

Une fois le label AB obtenu, les papiers doivent être tenus à la disposition des clients particuliers ou grossistes et clairement exposés dans ses locaux ou étals. Et s’il veut conserver ce label, l’agriculteur doit se soumettre à des contrôles et à des analyses inopinées sur son terrain, ses produits, sa comptabilité : il doit justifier l’origine AB de tous ses intrants. C’est le principe de traçabilité.


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